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Enfoirés 2009 : compte-rendu (25/01 - 20h)

Par Blogmaster dans : Musique-Concerts, le 27 janvier 2009

Comme promis dans les articles précédents, voici venu le temps du compte-rendu de mon périple au palais omnisport de Paris-Bercy en ce dimanche 25 janvier (20h) pour aller assister au vingtième anniversaire des enfoirés et leur spectacle “les enfoirés font leur cinéma”. Le premier grand dilemme consistait à savoir à quelle heure se présenter devant la salle pour bénéficier d’une place convenable (le placement étant libre). Compte tenu de l’incroyable engouement que suscite cet événement, il ne fallait pas partir tard. Après une étude méticuleuse des compte-rendus des dates précédentes, j’opte pour un “prudent” 15h30. Etant accompagné d’un groupe de personnes réticentes à l’idée de passer plus de 4 heures debout dans la fosse, je choisis les gradins. J’arrive légèrement en avance sur l’heure prévue et me place derrière les quelques 200 personnes déjà massées devant les grilles et c’est parti pour 4 heures et demi d’attente dans un Paris assez frais mais le climat aurait pu être bien plus rude… d’autant plus que la pluie n’aura fait son apparition que lors de la dernière demi-heure (et d’une manière très timide).

Les grilles finissent par s’ouvrir et les gens sont plutôt disciplinés, au contraire de mercredi où quelques incidents avaient éclaté aux abord de la salle. J’arrive à me faufiler habilement jusqu’à une place plus qu’honorable, suffisamment proche de la scène pour admirer les 40 artistes présents ce soir là. Justement les artistes, parlons-en ! Deux nouveaux cette année : Renan Luce et Thomas Dutronc (deux artistes de la nouvelle scène, ben tiens !) et des absents de marque : Francis Cabrel, Gérald de Palmas, Jean-Baptiste Maunier, Muriel Robin ou Chimène Badi. Exceptionnellement ce dimanche, Sébastien Chabal, le vigoureux rugbyman est de la partie, mais vraiment histoire d’être là tant il a paru complètement perdu sur scène… mais peut-on vraiment lui en vouloir ? Plus tard, il pourra dire à ses enfants “j’y étais”… c’est déjà ça !

Il est 20h, la salle s’assombrit enfin et le public se voit gratifié d’une vidéo de 20 minutes diffusée sur les écrans géants de part et d’autre de la scène. On y voit quelques beaux moments (ou pas) des éditions des années précédentes, les jeunettes s’égosillent à chaque apparition d’un mâle. C’est une initiative très futée de la part de la prod puisqu’on les entendra beaucoup moins par la suite… la fatigue des cordes vocales, sans aucun doute. La vidéo remplit bien son rôle et chauffe la salle comme il se doit avant le début du spectacle sur la chanson “toi et moi” de Grégoire… oui c’est vrai; on pouvait rêver mieux comme entrée en matière mais c’est la chanson à la mode alors bon…

Les compte-rendus précédents faisaient état d’une extrême lenteur entre les chansons pendant les changements de décors; j’avais donc une petite appréhension à ce sujet. Je ne sais pas si ce sont les gens de la logistique qui ont des progrès fulgurants en quelques jours où si ce sont les artistes qui ont mis le paquet pour les sketches et les chansons durant les interludes mais personnellement, j’ai trouvé ça très supportable et je ne me suis quasiment jamais ennuyé.

Dans mon immense bonté, je vais vous épargner une énumération fastidieuse des chansons interprétées lors de cette soirée, certains l’ont déjà fait de fort belle manière. Je vais donc me contenter d’apporter un avis global et de m’attarder sur quelques points méritant, selon moi, d’être développés. Premièrement, on peut regretter la quasi absence de chansons “cultes” ancrées dans l’histoire de la chanson française qui n’auraient surement pas fait tâche pour les 20 ans des enfoirés; hormis quelques exceptions, on a eu le droit à des chansons très conjoncturelles (ou très inconnues). Je n’ai strictement rien contre la plupart de ces chansons mais il faut bien avouer que le spectateur “moyen” a parfois manqué un peu de repères pour profiter pleinement de la playlist mis à sa disposition. C’est d’ailleurs les chansons interprétées en guise “d’entracte” qui ont eu le plus de succès. Il faut dire qu’un Jean-Louis Aubert rockant sur “Un autre monde”, un Patrick Bruel minaudant sur “Jte l’dis quand même” ou encore un Pascal Obispo faisant le show sur “Fan” (aidé en plus par Nolwenn Leroy herself); c’est du lourd, et ça marche à tous les coups… Ce seront sans doute les trois moments de la soirée qui m’auront le plus marqué.

Autre bizarrerie de la soirée, la répartition des chansons parfois curieuse, notamment sur “I will always love you”, qui ressemblait furieusement à une erreur de casting pure et dure. Depuis quelques années, la prod a tendance à estimer que Lâam et Amel Bent sont les deux interprètes les plus susceptibles de briller sur une chanson à voix, donnant immanquablement lieu à une cacophonie se résumant à un mélange de vibes et de hurlements en tous genres, puissants, il est vrai, mais terriblement loin de l’émotion de Whitney Houston. Les deux comparses étaient accompagnées à cette occasion par Zazie qui, malgré son expérience et son talent, n’est pas du tout taillée pour ce genre d’exercice… mais bon, au moins, ses passages auront eu le mérite d’accorder un peu de répis à nos oreilles. Il est pour moi quasiment criminel de ne pas permettre aux deux plus grandes voix féminines françaises actuelles (si si !) que sont Nolwenn Leroy et Julie Zenatti de ne pas faire étalage de leurs capacités vocales sur cette chanson… avec en prime de bien plus belles nuances que celles que nous avons entendues dimanche soir. La première a déjà prouvé son talent indéniable sur “Con te partiro” quelques années auparavant. Dommage donc, car cette interprétation (au mieux) banale aurait pu être magnifiée par Nolwenn et Julie (mais ce n’est bien sûr que mon avis).

Dernier point noir (et après j’arrête, promis !), la surexposition insoutenable de Jenifer et Christophe Maé qu’on a dû supporter quasiment toute la soirée alors que certains autres artistes ont été relégués au rôle de faire-valoir, mais bon, j’imagine qu’il faut bien faire vendre auprès des midinettes et que l’absence de ces deux artistes représenterait un manque à gagner assez conséquent, c’était quand même assez irritant malgré tout.

J’arrête donc de jouer les rabat-joies et donne quand même une mention bien à cette édition des enfoirés qui aura, je pense, réussi à répondre aux attentes du public en instaurant un rythme malgré tout sans doute insuffisant lors des premières dates. J’ai personnellement trouvé que les quatre heures de concert se sont déroulées plutôt rapidement. Les sketches des humoristes ont été dans l’ensemble assez drôles et chacun aura finalement contribué à faire en sorte que le public passe une bonne soirée. Je ne regrette en tout cas pas d’avoir payé ma place.

Petit focus sur Nolwenn maintenant (vous pensiez y échapper ? ^^), notre chère brunette au regard ravageur a sans doute bénéficié d’une meilleure répartition des chansons que l’année dernière sans pour autant être avantagée de quelque manière que ce soit par rapport aux autres enfoirés. Elle a été bien mise en valeur sur la chanson “Marche à l’ombre”, affichant à l’occasion un comportement volontairement désinvolte qui m’a beaucoup fait rire et qui a dévoilé une nouvelle facette de ses possibilités en matière d’interprétation. Elle a su exister lors de son duo avec le bouillonnant Pascal Obispo, ce qui représente déjà une petite performance en soi, tant ce dernier est imprévisible au niveau du rythme, de ses facéties sur scène et de sa fâcheuse tendance à ne pas vouloir “partager” les paroles. Les deux ont réussi à bien occuper l’espace. On ne peut d’ailleurs que s’incliner devant les progrès de Nolwenn dans ce domaine et ce, même en étant équipée de talons aiguilles. J’ai même parfois eu un peu peur en la voyant virevolter au dessus des accessoires qui jonchaient le sol, mais tout s’est bien passé ! Les autres apparitions ont été sans doute moins marquantes mais de qualité semblable, très pêchues sur “Love is gone” ou “J’ai la musique en moi”. Nolwenn aura donc comme souvent rendu une copie très propre avec quelques traits d’un génie qui lui est propre, on attend maintenant l’échelon supérieur avec plus de folie et peut-être moins d’humilité vis à vis des autres artistes.

Après “Ici les enfoirés” et la traditionnelle “chanson des restos”, le concert se termine vers 00h20 sous une pluie de cotillons, j’ai juste le temps d’attraper le dernier RER pour rentrer chez moi, la tête pleine d’images et les oreilles pleines de décibels. Pour les (très nombreux) déçus qui n’auront pas pu assister à l’un des 7 concerts, vous aurez comme chaque année la possibilité d’acheter le DVD et le CD des enfoirés dans votre magasin préféré. Si tout va bien, ceux-ci seront disponibles début mars, après la diffusion traditionnelle du concert sur TF1. Encore un peu de patience pour pouvoir profiter pleinement de ce bon moment musical.

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