Eurovision 2009 : Samedi 16 Mai à 21h00 sur France 3
Par Blogmaster dans : Musique-Concerts, le 12 mai 2009
Question de “culture” générale : Ces dernières années, dans quelle compétition internationale annuelle la France s’est-elle forgée une formidable réputation de “looser”, repoussant ainsi les limites du ridicule absolu ?
Le curling ? Le lancer de nains ? Le sumo ? Le 100m … apéro ?
Que nenni! Il s’agit bien évidemment du Concours Eurovision de la chanson où nos braves artistes Gaulois trustent avec une certaine abnégation les dernières positions au classement depuis maintenant un petit bout de temps. Petit rappel des “performances” tricolores lors des 6 dernières éditions (sur 25 pays participants) :
- 2003 : Louisa Baileche - Monts et merveilles : 18ème (19pts)
- 2004 : Jonatan Cerrada - A chaque pas : 15ème (40pts)
- 2005 : Ortal - Chacun pense à soi : 23ème (11pts)
- 2006 : Virginie Pouchain - Il était temps : 22ème (5pts)
- 2007 : Les Fatals Picards - l’amour à la française : 22ème (19pts)
- 2008 : Sébastien Tellier - Divine : 19ème (47pts)
Il faut donc remonter à 2002 pour trouver trace d’une prestation française honorable, à savoir celle de Sandrine François que personne n’a oublié (euh … ) avec la Chanson “Il faut du temps” qui lui avait permis d’obtenir une belle 5ème place (104pts); faisant presque aussi bien que Natasha St-Pier en 2001 avec “Je n’ai que mon âme” qui avait alors obtenu la 4ème place avec 142pts .
Le pire dans l’histoire, c’est qu’on ne peut pas vraiment dire qu’il y ait une réelle injuste dans cet enchaînement de fiascos tant les erreurs de casting sont flagrantes; c’est bien simple, on en viendrait presque à croire que le jury chargé de sélectionner les représentants français ainsi que la chanson à interpréter a pour but ultime de se rendre le plus ridicule possible. Autre raison; l’incapacité chronique des pays francophones (France, Suisse, Belgique, Luxembourg) a faire preuve d’un minimum de solidarité au moment des votes pour gonfler leur capital points, au contraire des pays de l’Est et de Scandinavie qui font preuve d’une cohésion assez troublante; raflant par la même occasion la plupart des trophées distribués ces dernières années.
Un malheur n’arrivant jamais seul; l’équipe de France Télévision pose chaque année sa pierre à cet édifice de médiocrité consternante en choisissant les commentateurs les plus pénibles et lourdingues qu’ils ont en stock, en vrac : Julien Lepers, Dave, Marc-Olivier Fogiel, Isabelle Mergault, Laurent Ruquier, Guy Carlier et Tex se sont succédés ces dernières années pour nous faire part de leurs avis d’experts… Que du lourd … du TRES lourd ! Commentaires inutiles et déplacés sur les candidats pendant les chansons, taux d’alcoolémie parfois élevé, analyses aussi pertinentes qu’un raisonnement de Paris Hilton, … de quoi en perdre son latin ! Cette année, ce seront Julien Courbet et Cyril Hannouna (une nouvelle fois, deux grands spécialistes de la chanson donc … ) qui suivront les traces de leurs illustres prédécesseurs.
Une question vous brûle alors les lèvres : Qui aura la chance de représenter la France lors de cette 54ème édition de l’Eurovision qui se tiendra ce samedi 16 Mai à Moscou en Russie (dernier vainqueur en date) ? Eh bien, le jury a opté cette fois-ci pour une artiste “confirmée” et connue de tous; pour la première fois depuis bien des années. Oui… on croyait à une blague, mais c’est bel et bien Patricia Kaas qui s’y collera avec le titre “Et s’il fallait le faire“. Je ne sais pas pour vous, mais personnellement je crois bien que notre amie Patricia doit être au fond du trou (et assez profondément) pour avoir accepté ce challenge… Il faut dire que la période dorée de la chanteuse aux cheveux de platine semble aujourd’hui bien loin.
Bon au moins, avec Patricia Kaas, la France va enfin montrer un autre visage et viser les premières places !
Euh… oui mais en fait … non ! Si l’effort semble avoir été effectué sur l’interprète; on ne peut vraiment pas en dire autant du titre qui est, à l’instar de toutes les chansons choisies pour la France ces dernières années, soporifique au possible ! En effet, “Et s’il fallait le faire” se démarque tout particulièrement par son rythme lent et monotone qui aura vite fait de vous pousser au suicide pour le peu que vous ayez des tendances dépressives… Dans une compétition où l’originalité, l’énergie et les rythmes endiablés sont bien souvent récompensés; la France proposera, à nouveau, une “chanson-prozac” telle une mauvaise blague récurrente, comme si les artistes de l’hexagone ne savait faire que ça…
Et les paroles? C’est important aussi, les paroles !
Le problème, c’est que 90% du public votant ne comprend pas un mot de français et se base donc sur un rythme, une énergie, une musicalité… On peut d’ores et déjà penser que Patricia Kaas ne risque pas de faire vibrer le public avec ce titre… Je vous laisse juger par vous même :
Les demi-finales auront lieu les 12 et 14 Mai pour sélectionner les meilleures chansons qui concourront le samedi lors de la finale. La France (tout comme l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne) est exemptée de demi-finale (heureusement d’ailleurs…) car elle fait partie du “Big Four” (Wouah !). Même traitement de faveur pour la Russie, tenant du titre oblige.
Dernière info; cette édition marque le retour du jury professionnel qui viendra pondérer les votes des téléspectateurs à part égale… autrement dit, 50% des points seront attribués par le jury et donc seulement 50% par les téléspectateurs : voilà qui donnera sans doute encore moins envie de décrocher votre téléphone… pour le peu que cette idée saugrenue vous ait soudainement traversé l’esprit dans un moment d’égarement!
On peut néanmoins penser que cette nouvelle sera un élément positif pour Patricia Kaas qui fera sans doute plus d’effet à une groupe de personnes “du métier” qu’au téléspectateur européen “moyen” en quête de sensations fortes.
Retrouvez les résultats et un rapide commentaire de la soirée dès ce week-end sur Purple World !
4 commentairesNolwenn Leroy, the world is stone : elle est de retour !
Par Blogmaster dans : Nolwenn Leroy, le 25 avril 2009Après avoir largement passé en revue les différentes prestations des invités de l’émission spéciale Starmania du 24 avril 2009,comme promis, voici un petit focus sur la performance de Nolwenn Leroy sur le titre “The world is stone” (version anglaise de “Le monde est stone) interprété par Cyndi Lauper en 1992 avec, en prime, la vidéo de ce beau moment.
Les gens qui suivent Nolwenn Leroy savent qu’à la faveur d’une année d’études passées aux Etats-Unis, cette dernière est devenue totalement bilingue et c’est apparement grâce à cela que France Gall a décidé qu’elle chanterait la version anglaise et non la version originale. Grand bien lui a prit !
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que cette dernière reprenait un titre interprété auparavant par Cyndi Lauper; durant sa dernière tournée, elle s’était déjà approprié avec brio le célèbre “Time after time” de la chanteuse américaine et ne partait donc en terrain totalement inconnu sur le plateau de France 2.
Après un rapide discours d’introduction de la part de France Gall, Nolwenn nous a prouvé que, malgré une longue absence dûe à l’enregistrement de son troisième album, sa voix est toujours aussi pure, avec à la clef, des nuances de plus en plus précises et une intensité toujours au rendez-vous lorsqu’il faut “tenir la note”. On peut l’affirmer sans trop de retenue, Nolwenn s’est une nouvelle fois hissée au niveau de Cyndi Lauper.
Comme expliqué dans l’article précédent, la prestation est en fait une sorte de clip directement filmé sur le plateau… et le moins que l’on puisse dire, c’est que le charme de la belle opère toujours. Dans un décor minimaliste, uniquement vêtue d’une robe blanche légère (qui aura sans doute fait penser au clip d’Inévitablement pour les fans de la première heure), Nolwenn évolue à pieds nus et joue avec la caméra. Le tout est magnifiquement filmé par l’équipe de France 2 qui n’en demandait pas tant.
Au final, nul besoin d’un décor riche ou de danseurs/figurants pour compléter le tableau comme durant les autres clips de l’émission, la seule présence de Nolwenn suffit à faire vivre la chanson et son charisme naturel irradie l’écran. Au lieu d’user d’une énumération fastidieuse de superlatifs pour qualifier le rendu final, je vous propose plutôt de regarder la vidéo :
Cette nouvelle performance de qualité saura donc combler les amateurs qui attendent impatiemment la sortie du prochain album qui, rappelons-le, sera en partie en anglais… Les dernières rumeurs l’annoncent mystérieusement en Mai sans qu’aucun communiqué officiel ne les confirme mais on sait à présent que Nolwenn est “sortie du studio”… Wait & see !
22 commentairesEmission spéciale Starmania du 24 avril 2009
Par Blogmaster dans : Musique-Concerts, leComme promis, Purple World revit ce soir à l’occasion de l’émission spéciale organisée par France Gall afin de fêter comme il se doit les 30 ans du légendaire Opéra Rock : Starmania. Inutile de présenter l’oeuvre de Michel Berger et de Luc Plamondon qui est et restera un incontournable du paysage musical francophone.
Le réservoir de tubes que représente Starmania permettait de toute évidence d’obtenir une émission pleine et consistante… encore fallait-il trouver les artistes adéquats pour l’interprétation des chansons, d’autant plus que pour certaines d’entre elles, la tâche s’annonçait ardue. France Gall a opté pour un panel d’artistes plutôt hétérogène composé de “petits nouveaux” (Grégoire, Pauline, Amandine, la troupe de Mozart), de “confirmés” (Jenifer, Christophe Willem, Julien Doré, Amel Bent) et d’anciens de la troupe comme Maurane, Peter Kingsbury, Diane Dufresne ou Renaud Hantson. Les “mélomanes” ont d’ailleurs grincé des dents à l’annonce de la participation des deux premières catégories… jugées indignes de se produire sur ce monument musical… Je pense sincèrement qu’après cette soirée, des excuses seront de rigueur mais passons… Vos yeux aguerris auront sans doute remarqué que je n’ai pas encore parlé de Nolwenn Leroy, également présente à cette émission; même si le clavier me démange, sa performance sur “The world is stone” fera l’objet d’un autre article (personnel s’il vous plait), une fois celui-ci terminé.
Avant de commencer un rapide tour d’horizon des performances de chacun, on doit d’abord souligner l’idée intéressante d’opter pour des enregistrements studio des artistes, couplés à ce qui s’apparente fortement à des clips filmés sur le plateau au lieu d’habituelles prestations en live devant un public. Même si la magie du rapport entre l’artiste et le public est sérieusement mise à mal, on obtient néanmoins des vidéos très esthétiques et plaisantes à regarder avec un son de qualité…n’oublions pas également l’avantage certain de se mettre à l’abri d’éventuels fiascos liés au direct; ce qui aurait quand même fait désordre durant ce bel hommage.
EDIT : N’ayant pas pu suivre l’intégralité de l’émission, certains passages ne seront hélas pas commenté sur ce blog, notamment celui de Diane Dufresne qui semble pourtant avoir été magnifique. Je m’excuse donc pour le caractère incomplet de l’article.
La première prestation est celle de Christophe Willem sur “Monopolis“; une fois de plus, la “tortue” comme on l’appelle, a démontré qu’il était bel et bien la meilleure chose qui soit arrivée aux émissions musicales de M6; il a une nouvelle fois fait étalage de son aisance vocale, notamment dans les aigües, devenue sa véritable marque de fabrique.
Amel Bent quant à elle, nous a fait du Amel Bent… le seul problème étant que la chanson “La complainte de la serveuse automate” ne s’y prêtait pas vraiment. On a donc assisté à une version parfois “soupirée” par la voix étouffée de la chanteuse au poing levé. Et pour le peu que votre semaine de travail au bureau vous ait fatigué; il y avait vraiment de quoi roupiller à la fin de la chanson… sans doute l’un des (petits) flops de l’émission selon moi.
L”ovni” de la soirée venait sans aucun doute de la fantasque Catherine Ringer et de ses mimiques. Starmania comporte évidemment des personnages hauts en couleurs justifiant certaines facéties sur scène, mais ce n’était surement pas la chanson “Ziggy” qui s’y prêtait le plus. Au final, on obtient une interprétation surjouée et parfois énervante d’un titre reposant surtout sur l’émotion.
Une des bonnes surprises venait alors de Jenifer qu’on ne croyait plus trop capable d’explorer de nouveaux horizons musicaux. Le choix de la chanson “Travesti” avait donc de quoi surprendre. La jeune niçoise apparaît donc sur scène en “bad girl”, cigarette à la bouche et vêtements provocants, elle fait preuve de beaucoup d’énergie pour un résultat final plutôt surprenant. On regrettera toutefois que ses capacités vocales définitivement limitées dans les passages où il faut pousser la voix; la fin de la chanson était donc trop “hurlée” à mon goût et parfois même quasiment inaudible. Mention bien pour Jenifer qui s’en tire plus honorablement alors qu’on ne donnait pas cher de sa peau… petit commentaire totalement masculin (mais assumé) : le décolleté de la jeune fille aura grandement contribué à rendre le moment sympathique… mais je m’égare.
Petit passage en revue des jeunots : Grégoire et Pauline interprétaient respectivement “Banlieue nord” et “Besoin d’amour“. Le constat est sensiblement le même pour les deux artistes : une prestation réussie… mais sans plus ! Il est vrai que l’ère du temps n’est pas vraiment à l’éclosion de chanteurs à voix et c’est d’autant plus criant lorsqu’ils doivent s’essayer aux titres de Starmania qui ne pardonnent pas les insuffisances dans ce domaine.
J’attendais tout particulièrement de voir comment la troupe de “Mozart l’opéra rock” dont j’ai déjà fait l’éloge sur ce blog, allait s’approprier la chanson “Quand on arrive en ville” qui, pour le coup, était vraiment taillée pour eux. Le résultat est plutôt satisfaisant et crédible; ce qui est rassurant pour leur tournée qui débutera en Septembre.
Que serait une soirée Starmania sans l’incontournable “Blues du businessman” ? On attendait un chanteur à voix, capable de tenir la note comme le faisait Claude Dubois. France Gall a pris tout le monde de court en choisissant le ténébreux Julien Doré, pourtant bien loin d’un tel profil. On connait l’habitude du jeune homme à s’approprier les chansons en les interprétant parfois plusieurs tons en dessous de l’original et en adoptant une énergie minimale. Le blues du businessman, aussi monumental soit-il, n’a pas échappé à la règle et a été transformé à la sauce Doré. Alors certes, le résultat plaira sans doute une nouvelle fois à la majorité des téléspectateurs… mais le rendu final était tellement prévisible qu’on en viendra presque à se demander si notre cher Julien ne commencerait pas tout simplement à s’enfermer dans son propre univers et à en devenir prisonnier. Car sans l’effet de surprise du “Moi Lolita” qui a jadis lancé la mode; on finit quand même par s’ennuyer ferme.
Pour clôturer cette analyse; on parlera rapidement de ceux qui n’ont plus rien à prouver et qui ont été une nouvelle fois fidèles à eux mêmes ce soir, en interprétant “leurs chansons” pour notre plus grand bonheur toujours intact. Ainsi; Maurane, Peter Kingsbury et Renaud Hantson ont une nouvelle fois brillé et fait honneur à leur immense carrière marquée par le sceau de Starmania.
Voici qui conclut l’analyse de cette belle soirée; France Gall aura réussi à faire revivre un mythe l’espace de quelques heures grâce à des choix payants pour la plupart et au final, très peu d’erreurs de casting… voilà une dame qui connait la musique.
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